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Réautorisation provisoire de deux néonicotinoïdes : donnez votre avis !

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Publié dans
le 14.01.21
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Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a lancé une nouvelle consultation publique au sujet d’un projet d’arrêté. Ce dernier vise à réautoriser provisoirement l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam. Ces deux substances de la famille des néonicotinoïdes avaient pourtant été interdites par la Loi pour la Reconquête de la Biodiversité, de la Nature et des Paysages en 2016. Or, ce projet d’arrêté autorise pour une durée de 120 jours l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant l'une ou l'autre de ces deux substances actives.

Une réautorisation infondée pour Humanité et Biodiversité

Nous vous en parlions déjà en octobre dans notre Cahier de la biodiversité n°4 intitulé « Néonicotinoïdes et compétitivité de la production française de betteraves ». Nous y exposons le fait que la production betteravière française 2020-2021 a été affectée par une prolifération précoce et importante de pucerons vecteurs du virus de la jaunisse. Cela a conduit les producteurs français à demander une dérogation à l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes, dérogation nécessaire selon eux au maintien de la compétitivité, et même à la survie de leur activité. Toutefois, nous soulignons qu’au-delà de ces considérations conjoncturelles, il existe un grand nombre de facteurs économiques (augmentation de la concurrence au sein du marché intérieur de l’Union européenne, concurrence d’autres produits sur le secteur du sucre, etc.) qui affectent la filière betteravière française après la fin protectrice et rentière des quotas de sucre betteravier. Nous finissions notre cahier n°4 en indiquant que « ces données économiques, qui peuvent justifier une intervention de l’Etat pour soutenir temporairement la filière (dans les limites des règles communautaires et de l’OMC), apparaissent largement dominantes par rapport à la question d’un retour éventuel à des pesticides interdits. La démarche à mettre en œuvre dans ce cas est donc d’obtenir leur interdiction effective (sans dérogations) sur l’ensemble de l’UE, et non de les autoriser à nouveau ».

Nous n’avons pas changé d’avis et considérons comme infondée cette réautorisation. Nous souhaitons tout particulièrement mettre en avant plusieurs arguments dans le cadre de cette consultation :

  1. L’Etat n’a pas réalisé de contre-expertise des affirmations du monde professionnel au sujet des pertes potentielles liées à l’interdiction des néonicotinoïdes. D’ailleurs, nous ne disposons toujours pas des chiffres officiels sur la production de betteraves sucrière pour l’année 2020. Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a donné une prévision de 32,2 millions de tonnes le 1er septembre 2020 (contre 38,2 millions de tonnes produite en 2019). De son côté, le syndicat des betteraviers indiquait le 1er décembre 2020 que la récolte n’était que de 27,7 millions de tonnes. En tenant compte de la réduction des surfaces de production, passées de 445 milliers en 2019 à 423 milliers en 2020, on obtient une baisse de rendement de 11% d’après le chiffre du ministère de l’Agriculture et de 24% d’après le syndicat des betteraviers. Cette différence est non négligeable et s’ajoute au fait que nous sommes loin, dans les deux cas, des 30% de perte de rendement annoncée par la profession agricole lors de l’annonce de la réautorisation des néonicotinoïdes.

  2. Il n’existe pas d’évaluation du rôle des pucerons par rapport à la sécheresse importante de 2020 dans la perte de rendement. A titre d’exemple, les producteurs belges ont estimé en 2018 que la sécheresse avait conduit à une baisse des rendement de 16%.

  3. Aucune donnée nouvelle ne vient remettre en cause la nocivité des néonicotinoïdes pour la biodiversité, bien au contraire. En outre, l’Anses n’a pas été saisie par le ministère pour réaliser une nouvelle étude sur le sujet.

Ainsi, pour ces trois raisons, nous considérons cette réautorisation comme malvenue et ne reposant pas sur des données suffisamment étayées.

Consultation publique : exprimez-vous !

Nous vous incitons à donner votre avis en complétant le formulaire dédié. Vous pouvez vous appuyez sur les 3 arguments ci-dessus, notre cahier de la biodiversité et vos propres raisonnements pour répondre à cette consultation publique ouverte jusqu’au 24 janvier 2021.


Pour aller plus loin, consultez :

Commentaires

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2021-01-14 16:10:31 +0100

Consultations publiques ;-) LOL
j'ai compris à ,quoi ça servait : à faire de la politique, donc à rien.
Et le sucre c'est pire que ,la cocaïne... et ça ruine la santé. Il y en a en principe déjà dans les fruits et légumes... pourvu qu'ils soient cultivés par une agriculture saine.. donc... ça n'existe plus beaucoup...
Pour renaître, il faut malheureusement mourir... c'est valable en psy pour les individus, et sans doute aussi pour l'être vivant qu'est la planète... je suis sortie des illusions désolé... désillusions...

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2021-01-15 00:22:04 +0100

Il faut arrêter d'utiliser des produits toxiques dans la production de nourriture. Ces produits toxiques se retrouvent partout : dans l'alimentation du vivant sauvage et du vivant humain. Mme Pompili j'ai pitié de vous, vous qui vous êtes battue pour protéger les abeilles vous devenez leur bourreau. Mme Pompili c'est insensé, quel est donc l'argument qui justifie votre prise de position? J'aimerai bien le connaître.. S'il s'agit de sauver les agriculteurs de betteraves, ceux-ci sont déjà moribonds face à la concurrence étrangère et vous ne faite que repousser le problème de leur disparition.
La planche à billet fonctionne pas mal en ce moment et pourrait servir à sauver et, les agriculteurs de betterave vers une agriculture plus saine et, les abeilles mais ce gouvernement n'a aucune imagination et aucun courage.
Je suis atterrée par tous ces rétropédalages et cette bêtise de nos dirigeant.

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2021-01-18 19:35:43 +0100

Les néonicotinoïdes de nouveau autorisés dans la culture des betteraves.

Un constat: les neurones sont atteints !!! le produit fait sont effet. Ou est le respect de la vie dans cette gestion de l'agriculture.
Pour ma part cela m'encourage à diminuer ma consommation de sucre, qu'il soit de betteraves, de production Française ou BIO, de canne à sucre en provenance du Brésil !!!, deux raisons pour réagir.
Ces produits neuro-toxiques sont actifs sur toute sorte de VIE et compte tenu de leur concentration, le stade des abeilles est largement dépassé.
Perdre la tête, perdre la VIE, mangez du sucre de betteraves et des produits de l'agriculture intensive, les intérêts dépassent les limites de la raison !!!!
Face au malaise économique et social occidental, notre dépendance , nous devons recréer une agriculture extensive de qualité, donc sans pesticides et produits chimiques, engrais etc...ainsi qu'un retour à l'artisanat de qualité et relancer la formation professionnelle des jeunes qui ont pour beaucoup des mains en OR !!!
Voilà la FORCE et la RICHESSE de notre pays , ce n'est pas un retour en arrière mais un bon en avant pour assurer l'avenir, respecter la vie et l'environnement.

Partout dans le monde les lobbies, les banques, les agriculteurs trouvent une bonne raison pour utiliser ces substances chimiques toxiques, leur concentration devient intolérable, les conséquences létales sur la vie et l'environnement sont flagrantes et dévastatrices, le nihilisme des autorités sur cet impact morbide persiste puisque des autorisations d'usage sont toujours en cours....Quatre guerres sont en cours: une guerre chimique, une guerre économique entre les grandes puissance et l'Asie, une guerre virale et une guerre contre l'extrémisme et ses violences.
N'attendons pas le naufrage irréversible pour redresser la barre et agissons là ou il est encore possible d'agir !!!
L'usage des pesticides doit être interdits.

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2021-01-19 10:35:50 +0100

je suis de vos avis ...totalement écoeuré par de telles décisions et quel qu'en soit le domaine !!! tricheries , mensonges , manipulations de discours , le nom respect d'autrui sont à l'ordre du jour permanent des politiques à la merci des financiers dirigeants de ce monde qu'ils précipitent dans le mur.Nous parlons de milliers de milliards pour aller sur Mars qui semble être à ce stade une mission suicidaire, alors que notre monde agonise et ce sans exagérer outre mesure.C'est en prenant peur en prenant conscience de la gravité des actions menées que l'on pourra espérer. J e crois personnellement en l'être humain uni , mais pas en un seul qui dicte.Ces cela qu'il faudrait arrêter au plus vite .La décision appartient à tous. Pour reprendre ce que disait M.Luther King "j'ai fait un rêve celui d'être tous enfin unis dans ce monde pour un espoir sans fin".On à le droit de rêver ..rassurez-moi ..oui??

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2021-01-24 13:04:20 +0100

Provisoire ou non l'autorisation de n'importe quel néonicotinoïdes est un non-sens, leur interdiction, acquise difficilement, n'est pas un hasard et il serait bon de ne pas revenir, de façon limitée ou non de quelque manière que ce soit, sur les bonnes décisions, positives pur la vie sur Terre.
Quelques soient les difficultés rencontrées par les betteraviers, je pense indispensable que l'état mette tout en œuvre pour penser à d'autres solutions, non régressives non agressives envers la nature et la biodiversité.
Les solutions de facilités agressives ne sont pas des solutions mais des problèmes qui cachent leur nom.
Nous avons, encore, assez de personnes brillantes et de bonnes volontés en France pour avoir la créativité et l'ingéniosité nécessaire pour sortir par le haut, dans les faits et non pas dans les titres des journaux, de cette crise, qui est, malheureusement, une petite crise fasse à l'ampleur des défis actuels et potentiels futurs promis par la situation économique et climatique.

La priorité dans quelque crise que ce soit est de toujours faire ce qu'il y a de meilleur en tout, pas simplement de se débarrasser de plaintes issues de ces crises.

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2021-02-02 20:27:30 +0100

Inconscience et ignorance se conjuguent toujours au présent pour que le futur ne soit jamais employé...

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. . Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. . Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’éro...

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