20-03-2013

Pression sur les actionnaires d’une multinationale espagnole concernant une ‘tribu cachée’

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Les actionnaires du géant espagnol de la construction Grupo San José, ont été invités à retirer leurs investissements dans cette compagnie après la preuve, apportée par des images satellite, de l’implication de sa filiale dans la destruction d’un territoire habité par des Indiens isolés.

Parmi les actionnaires du Grupo San José figurent les banques espagnoles Ibercaja, Caja de Burgos et Banco Caja Castilla la Mancha. Sa filiale Carlos Casado S.A. possède un grand domaine forestier dans le Chaco paraguayen, où vivent des Indiens isolés ayoreo.

Carlos Casado S.A., dont le président est le magnat espagnol (et fondateur du Grupo San José) Jacinto Rey González, dément mener des activités illégales, malgré les preuves apportées par les images satellites qui montrent que sa compagnie a déjà commencé à entreprendre des activités au cœur du territoire ayoreo.

L’an dernier, les autorités paraguayennes avaient pris la compagnie en flagrant délit de déforestation et de construction de routes sans avoir obtenu de permis environnemental.

Les Ayoreo déjà contactés revendiquent depuis plus de vingt ans la propriété du territoire occupé par Carlos Casado S.A.. Les membres isolés de leur groupe qui vivent toujours dans la forêt sont extrêmement vulnérables aux maladies introduites par les étrangers et tout contact fortuit pourrait leur être fatal. Ils sont forcés de fuir, au fur et à mesure que leur forêt est détruite par les bulldozers pour ouvrir des pâturages.

Un Ayoreo a lancé ce message par notre intermédiaire : ‘S’il vous plaît, ne touchez pas à la forêt parce que c’est elle qui nous donne la vie. Stoppez vos bulldozers!’

En 2009, Survival International avait réussi à convaincre des actionnaires tels que l’Eglise d’Angleterre et la Fondation Rowntree de retirer leurs investissements du géant minier Vedanta Resources en raison de son projet d’exploitation de la montagne sacrée des Dongria Kondh en Inde.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Pendant des siècles, les compagnies multinationales ont anéanti les peuples indigènes en quasi-totale impunité enfreignant le droit national et international pour amasser des profits aux dépens des vies humaines. Mais le cas de Vedanta prouve que les investisseurs ne ferment pas toujours les yeux devant les violations des droits humains que leur argent finance. Grupo San José devrait en prendre de la graine et cesser de toute urgence ses opérations pour éviter que l’un des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs isolés d’Amérique ne disparaisse’.

Notes : 
- Ibercaja faisait partie de la liste des actionnaires du Grupo San José en 2009 et Caja de Burgos ainsi que Banco Caja Castilla la Mancha en 2010. Nous leur avons demandé de confirmer si elles l’étaient toujours aujourd’hui, mais nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour.
Télécharger la lettre de Survival aux actionnaires du Grupo San José (en espagnol).

 

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